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          • Équipe Com°
          • Publié le 30/06/2018
          • Par Équipe Com°
          • La presse en parle > Le Figaro, 18 juin 2018

          • "Henry Moore dans un jardin breton"
            Par Valérie Duponchelle
            @VDuponchelle
          • Reclining Figure, Henry Moore, 1982 © Henry Moore Foundation archive. Photo Jonty Wilde
          • Vénéré dans le monde anglo-saxon, le père des «Reclining Figures» est enfin de retour en France.

            Ce sont deux personnages hiératiques et bizarres qui évoquent à la fois les couples éternels des tombeaux étrusques et Le Labyrinthe de Pan du cinéaste mexicain Guillermo del Toro dont les créatures sont toujours presque humaines et donc terrifiantes. Leurs deux silhouettes longues et plates se répondent comme deux parenthèses. Deux petits trésors de plâtre, Maquette for King and Queen, 1952, dont le plus haut fait moins de 30 cm et donne pourtant l'illusion de la monumentalité. De petites croix et des chiffres sont dessinés, ici ou là, sur le torse blanc de la Reine, sur les genoux parallèles du Roi. « Les références que mon père y notait pour l'agrandissement de ces modèles en grands formats », remarque Mary Moore, fille unique de Henry Moore et sa copie conforme. Les mains royales sont fines et réalistes. Les visages, en revanche, sont des masques surréalistes et intrigants, mélanges de chair et d'objet.
            Henry Moore est bien le roi de la sculpture anglaise.


            Comme Lucian Freud et son portrait ridiculement petit de SM la reine Elizabeth II, représentée les yeux baissés, Henry Moore (1898-1986) ne fait pas dans l'apologie du pouvoir, fusse-t-il immortel et transmissïble. Ce fils de mineur du Yorkshire a refusé en décembre 1950 la proposition du premier ministre d'être anobli par le roi. « J'ai essayé de réfléchir à la façon dont je me sentirais si l'on m'appelait "sir Henry" tous les jours, même dans mon atelier, et je ne peux m'empêcher de penser que cela changerait ma conception de moi-même, et ainsi la façon dont j'envisage mon travail», lui répond-il avec un sérieux d'un autre temps, aussi fier que modeste. «En 1950, pris par la ferveur que l'on appellera le New Elizabethan Age, Henry Moore accepte la commande d'une sculpture pour
            le parc en plein air du musée de Middelheim, en Belgique, et réalise un couple royal assis sur un banc», explique Christian Alandete, l'un des trois commissaires de la rétrospective qui invitera la Bretagne tout l'été à plonger dans le royaume de ce sculpteur qui a envahi les jardins anglais.

            En 1951, Henry Moore a séjourné en Grèce, et ce grand amateur des musées classiques comme des musées d'ethnographie et des collections d'arts premiers y a cette fois emprunté les jeux de drapé. « L'objectif n'est pas de représenter véritablement un couple royal, mais l'idée primitive d'un roi », note le jeune commissaire qui œuvre habituellement à la Fondation Giacometti, littéralement
            happé par son nouveau modèle. Henry Moore commenta lui-même cette tête de roi qui ressemble à un casque et à un oiseau : « Une tête et une couronne, le visage et la barbe combinés en une forme unique. À mes y eux, il y a quelque chose de Pan, quelque chose de presque animal, et pourtant quelque chose de royal. » Cette ambivalence est la définition même de la sculpture de Henry Moore, entre abstraction et figuration, plus soucieuse de transmettre l'émotion d'une forme, de la vie qu'elle suggère, que l'exactitude froide d'une réplique. L'académisme n'est pas pour lui.


            Fou de Rodin et Cézanne
            « La sculpture qui me touche le plus [...] n'est pas parfaitement symétrique, elle est statique, puissante et vitale, transmettant quelque chose de l'énergie et du pouvoir des montagnes. Elle a sa vie propre, indépendante des objets qu'elle représente », expliqua cet artiste fou de Rodin et de Cézanne au point de transformer en 1978 les Trois Baigneuses de la collection Auguste Pellerin en sculptures contemporaines. Jeune homme, il avait fui le carcan victorien qui imposait les anatomies d'après statues pour dessiner des nus d'après des modèles vivants à Paris.
             

            Ses visites trequentes au British Muséum, son goût pour l'art du Mexique précolombien, l'ont beaucoup impressionné, libéré et inspiré, comme l'avait déjà montré la grande exposition de la Tate Britain de Londres, à l'été 2010. Des masques stylisés dans la pierre de son Yorkshire natal directement apparentés à ces ancêtres du Mexique. Mais aussi des formes humaines allongées sur le dos comme les Chac-Mool sacrificiels des Mayas. La tête qui se tourne et fait presque un angle droit avec le corps, les jambes imposantes et qui se rapprochent en un plateau, les bras qui s'y joignent pour faire un tout, voilà aussi ce qui marque ses fameuses Reclining Figures qui trônent en déesses mères sur l'herbe verte.


            Lie par l'énergie du british Council et du besoin de renouveau humaniste après la Seconde Guerre mondiale, Henry Moore a été reconnu très tôt internationalement. En France, il reste un étranger (une sculpture dans nos collections publiques!). Depuis la grande exposition signée Jean-Louis Prat à la Fondation Maeght en 2002, on l'avait peu vu (il est l'un des trois commissaires). La
            Fondation Leclerc de Landerneau invite donc ce roi du biomorphisme, ce dessinateur saisissant, à déployer son monde plus vrai que la vie.


            « Henry Moore », jusqu'au 4 novembre au Fonds pour la culture Hélène et Édouard Leclerc, Landerneau, Finistère.

            Henry Moore,
            catalogue sous la direction scientifique de Christian Alandete (en collaboration avec la Henry Moore Foundation, 39 €).

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