Fonds Hélène et Edouard Lerclerc
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          • Publié le 12/12/2014
          • Par Équipe Communication
          • Monory à Landerneau !

          • De son propre aveu, Jacques Monory aurait pu être un assassin. Enfant de Montmartre, grandissant au milieu des truands et malfrats, la vie de cet enfant a tout des Quatre Cents Coups et de Scarface. Mais voilà, un jour, un instituteur lui a sauvé la vie en l’initiant à la peinture : « Je naviguais alors dans un truc un peu vaseux et mal élevé, j’étais prêt à faire des horreurs, et lui m’a changé la vie. Je l’en remercierai éternellement ».
          • Le Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la culture ne pouvait pas passer à côté d’un artiste à la vie si romanesque et à l’œuvre si forte. C’est décidé, foi de Breton, c’est à Landerneau, qu’on lui offrirait sa plus belle exposition !

            Naissance de l’expo

            Le projet d’une rétrospective consacrée à Jacques Monory a germé dès l’inauguration du Fonds où l’exposition de Gérard Fromanger avait suscité beaucoup de questions sur les autres peintres (Adami, Arroyo, Erró, etc.) appartenant au mouvement des Figurations Narratives.

            Ce fut, je crois, Isabelle Maeght qui, la première, me suggéra le nom de Jacques Monory. La Fondation et la famille Maeght avaient soutenu cet artiste et possédaient une belle collection de ses oeuvres. L’idée commençait à faire son chemin.

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            Gérard Fromanger lui-même me parla de Pascale Le Thorel. Critique d’art, elle avait été commissaire de la rétrospective de Peter Klasen au Tri Postal à Lille et avait réalisé une importante exposition et un ouvrage sur Jacques Monory. Je la sollicitai donc pour être le commissaire artistique de notre projet.

            Le maître du bleu

            Jacques Monory est sûrement l’un des plus importants artistes contemporains et des plus singuliers. « Peintre de la vie moderne » (selon le philosophe Jean-François Lyotard), il qualifie son œuvre de « scénarios thrillerés ».

            Dans les années 1960, Monory était considéré comme l’un des grands représentants du courant Pop art en Europe, même s’il posa vite des éléments de distinction : « Ce qui s’est développé en France s’est écarté du Pop Art américain. Nous avons très vite pris le parti d’une narration critique de la société alors que les Américains ont presque toujours été, à mon sens, élogieux à l’égard de leur système. C’est une différence fondamentale ».

            Créateur d’atmosphères, metteur en scène de fragments, Monory utilise la photographie pour rendre ensuite en peinture, de manière unique, « le climat, l’impression, la sensation, le fait divers symbolique » et entraîner le spectateur dans son univers.

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            C’est naturellement que l’on comprend alors l’emploi du bleu qui viendra rapidement dominer son œuvre. C’est une couleur parfaitement fidèle aux atmosphères saisies dans ses tableaux.

            « Le bleu n’est pas pour moi la couleur de la peur. C’est la couleur du rêve », dit-il. N’empêche, ce bleu symbolise d’abord la nuit, ce moment où tout se passe…et où prennent vie les histoires de Monory.

            Et puis, comme le rappelle non sans humour Jacques Monory, « le bleu, j’y suis arrivé rapidement, parce qu’on peut le travailler en dégradé en partant quasiment de la valeur du noir pour arriver jusqu’au bleu clair ou au blanc, et ce n’est jamais infect. Faites ça avec du rouge, c’est à vomir. »

            Une rétrospective exceptionnelle

            Monory n’a jamais souffert d’ostracisme. Mais le Grand Ouest n’avait pas encore rendu un hommage à la hauteur de l’artiste. C’est donc à Landerneau que cela se passerait.

            Pendant six mois, Jacques, Paule et Pascale ont recensé les tableaux, les carnets et les collectionneurs.

            Au total, 150 œuvres (tableaux, films, photographies, gravures, objets) témoignent donc de son parcours.

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            Nos visiteurs pourront y découvrir de très grands formats, prêtés par de prestigieuses collections privées et publiques (Centre Pompidou, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Fonds National d’Art Contemporain, Mac/Val, Musées de Marseille,…), ou fondations (Fondation Maeght, Fondation Salomon, Fondation Gandur pour l’Art).

            Pascale Le Thorel a conçu pour le Fonds de Landerneau une exposition riche et instructive, où vous retrouverez les grandes séries si impressionnantes et émouvantes de Jacques Monory, comme La Voleuse, Les opéras glacés, sans oublier plusieurs tableaux des Meurtres ainsi que Death Valley, New York, Mesures, Pompéi… L’exposition est aussi enrichie de clichés et de supports vidéos tout à fait enrichissants.

            Je sais que Jacques Monory a apprécié la proposition du scénographe, Éric Morin, de créer des effets de miroir en plaçant des surfaces réfléchissantes sur les tranches des cimaises, et le dynamisme de l’équipe du Fonds de Landerneau, emmenée par sa pétillante nouvelle directrice, Maire-Pierre Bathany.

            Dans le catalogue de l’exposition, vous découvrirez aussi les mots de Jean-Jacques Beineix, qui s’est inspiré de l’univers de l’artiste pour la réalisation de son film Diva (1981).

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            Je laisse le mot de la fin de ce billet de blog à Pascale Le Thorel qui résume si bien la densité de l’artiste et de l’œuvre que vous découvrirez dès dimanche 14 décembre aux Capucins où une première visite commentée sera organisée à 11h :

            « Si le bleu Monory identifie immédiatement ses peintures, son univers est unique – peintures, films, récits -, semblable, dans le domaine des arts plastiques, à celui des grands morceaux littéraires du XXe siècle (filiation Proust – Borges – Pessoa – Modiano). Sa quête du temps, son atmosphère poétique particulière, son écriture, tendues par un ‘’pessimisme-scepticisme-nihilisme- individualisme-anarchisme-désespoir’’ en font pour moi l’un de ces artistes rares, dont l’ADN s’inscrit dans son époque et hors temps. »

            Michel-Édouard Leclerc

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            Aux Capucins de Landerneau, du 14 décembre au 17 mai, 2015 – Avec le concours de Crédit Mutuel Arkéa, Suravenir, Arkéa Banque Privée, CA Indosuez private banking et l’amical soutien du Maire de Landerneau Patrick Leclerc, de l’équipe municipale et des services de la ville.

            Tous droits réservés pour les textes et les visuels reproduits
            © Jacques Monory 
            © Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la Culture, 2014
            © Adagp, Paris, 2014

             

             

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          • Commentaires
                • Le 12/01/2015
                • par marie de Lagausie
                • Merci pour cette belle exposition, ces tableaux pénètrent dans les rêves, ce sont comme le dit magnifiquement J C Bailly "des fantômes d'images". On en sort tout flottant entre deux mondes...
                  A quand une exposition SOULAGES ?
                • Le 02/01/2015
                • par camille pierre lambert
                • J'aime bien ce que vous faites et votre propos sur Jacques Monory. Un peu comme lui vous prenez la main du spectateur pour l'emmener plus loin !

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